Le Quotidien: On a l'habitude de voir le monde agricole comme un univers assez traditionaliste, comment envisagez-vous la recherche dans ce contexte?
Fernand Etgen: Il est exact que la fierté de l'agriculteur, c'est de voir un champ dense et de grosses récoltes. Mais j'estime qu'aujourd'hui, il ne doit plus être son propre maître et faire ce qu'il veut sans penser à rien d'autre. Le monde agricole doit s'organiser pour prendre en compte les contraintes écologiques qu'on ne peut plus ignorer aujourd'hui.
Le Quotidien: Justement, ici, la surface agricole exploitée biologiquement est de 3,7 %, ce qui est très faible. Cette année, aucun agriculteur ne s'est encore converti en bio. Que pouvez-vous faire pour lancer la tendance?
Fernand Etgen: C'est compliqué... Si un changement doit se faire, c'est dans la tête des agriculteurs. C'est une philosophie qu'ils doivent intégrer eux -même.
Le Quotidien: Mais l'État a les moyens d'encourager les vocations, par des subventions notamment. Qu'en est-il du plan de développement rural?
Fernand Etgen: Nous mettrons en effet l'accent là-dessus. La piste, c'est de subventionner les savoirs, pas les machines. Nous voulons développer les efforts en matière de vulgarisation. Il faut notamment aider les jeunes qui s'installent. Particulièrement ceux qui cultivent des surfaces en zone verte. Ces visites, par exemple, font partie de ces efforts.
Le Quotidien: Que représente le secteur agricole au Luxembourg?
Fernand Etgen: Environ 0,3 % du PIB.
Le Quotidien: Seulement?
Fernand Etgen: Oui, cela semble peu! D'autant que plus de la moitié de la surface du pays est exploitée. Mais c'est un secteur qui se porte bien. Même si, comme partout, il y a de moins en moins d'exploitations et que les structures sont de plus en plus grandes. Pourtant, nous subventionnerons plus les exploitations familiales que les agro-industrielles. C'est ce type d'agriculture raisonnée que nous voulons soutenir.